Un espace pour penser autrement

Au fil des séances organisées dans le cadre d’Epilogue, le collectif Plan 9 a invité les participantes et participants à se questionner :

  • Comment percevons-nous notre rôle dans cette transformation sociale et sociétale du champ de la mort ?

  • Quels sont les vents porteurs qui encouragent cette évolution, et quels sont les vents contraires qui freinent encore la parole et les pratiques ?

  • En quoi est-il de notre responsabilité de vivants de défendre collectivement une “autre mort” ?

Ces interrogations ne sont pas théoriques. Elles s’ancrent dans la réalité des personnes accompagnées, dans les vécus des familles endeuillées, dans les difficultés d’accès à des funérailles dignes ou à une fin de vie apaisée. Elles viennent aussi bousculer nos représentations : parler de la mort, c’est aussi parler de la vie, de ce que nous choisissons d’en faire, et de la trace que nous laissons.


Pourquoi parler de la mort est essentiel

Parce que la mort reste encore trop souvent un impensé ou un sujet évité, les moments de fin de vie s’accompagnent parfois d’un lourd fardeau de non-dits. Ces silences, loin de protéger, créent parfois des blessures supplémentaires pour celles et ceux qui restent.

Parce que chacun a droit à une fin de vie digne et douce, où l’approche médicale et sanitaire, indispensable, ne doit pas effacer l’importance de l’accompagnement humain, émotionnel et symbolique.

Parce que le deuil est une expérience universelle et pourtant vécue dans une grande solitude, chacun et chacune devrait pouvoir bénéficier d’un soutien adapté, accessible, respectueux de ses ressources et de ses valeurs.

Parce que les funérailles ne devraient pas être dictées uniquement par des contraintes économiques ou des normes culturelles figées, mais rester un espace de liberté, de choix et d’expression de ce que nous avons été.

En somme, parler de la mort, c’est défendre une société plus juste, plus humaine, qui reconnaît la valeur de chaque existence jusqu’à son terme.


Vers une autre manière d’accompagner

La communauté Epilogue n’est pas un simple laboratoire d’idées. Elle est un espace d’expérimentation, un lieu où se croisent les pratiques d’associations, d’entreprises de l’ESS, de collectifs citoyens et d’acteurs engagés.

L’objectif est double :

  • Ouvrir des espaces de parole pour lever les tabous, partager les expériences, et libérer les récits autour de la mort et du deuil.

  • Imaginer des innovations sociales pour que chacun ait accès à un accompagnement digne, humain et accessible, quelle que soit sa situation.

Ces innovations peuvent prendre de multiples formes : accompagnement administratif après un décès, soutien psychologique, rituels funéraires alternatifs, sensibilisation des aidants, formation des professionnels, ou encore développement de nouveaux lieux et de nouvelles pratiques autour de la fin de vie.


Des vents porteurs et des vents contraires

Dans ce cheminement, les participantes et participants ont identifié des “vents porteurs” :

  • un intérêt grandissant pour les questions de sens et de dignité en fin de vie,

  • un désir de renouer avec des pratiques plus humaines, plus écologiques, plus personnalisées,

  • une volonté collective de briser l’isolement des endeuillés.

Mais aussi des “vents contraires” persistants :

  • le poids du tabou qui rend difficile l’expression des émotions,

  • le manque d’informations accessibles sur les droits et les alternatives,

  • les contraintes financières qui limitent le choix des familles,

  • la peur d’aborder ces sujets en amont, alors même qu’ils concernent chacun d’entre nous.


Écoutez, partagez, transformez

Parce que la parole est la première étape du changement, Passerelle vous invite à découvrir une bulle sonore créée dans le cadre du programme Epilogue. Ce podcast donne la parole à celles et ceux qui s’engagent pour transformer notre rapport à la mort et ouvrir de nouvelles voies :

🎧 Écouter la bulle sonore


En conclusion

Parler de la mort, c’est reconnaître qu’elle fait partie de la vie. C’est aussi affirmer que nous avons collectivement la responsabilité de défendre une autre manière de mourir : une mort qui ne soit pas réduite au silence ou à la douleur, mais qui soit entourée de dignité, de respect et de sens.

Avec la communauté Epilogue, Passerelle s’engage à porter haut cette réflexion et ces actions, afin que chacun, au moment venu, puisse vivre sa fin de vie et son deuil en accord avec ses valeurs, ses ressources et son humanité.

Car au fond, parler de la mort, c’est surtout choisir de mieux vivre — ensemble, jusqu’au bout.

 

Robert et Michele Passerelle